lundi 19 janvier 2009

Small is beautiful

Un livre, une chanson, et maintenant un billet.

Quoi de commun entre les démarches d’un jeune américain qui décide de s’enfoncer vers le grand Nord, un chanteur qui dénonce avec l’élégance et la nonchalance qui lui sont coutumières les travers de la société de consommation et un blogueur influent technophile qui choisit de vivre une année en consommant le moins possible ? Rien, à part peut-être une volonté de montrer qu’il est possible de suivre une autre voie.

sts-043-151-206_nixOn peut vouloir vivre autrement… ou le faire. C’était d’ailleurs le slogan qui accompagnait ce très beau spot télévisé pour la Renault Vel Satis, le tout sur fond de musique d’Harry Nilsson. Paradoxalement, il s’agissait d’une grosse voiture, qui a d’ailleurs fait un flop, mais là n’est pas la question. Qui peut encore croire qu’on peut consommer sans cesse davantage pour remplir le vide de nos existences ? Il ne s’agit ni de plaider le retour à la nature, ni de flirter avec la gauche chevelue réactionnaire, encore moins de prôner un retour vers les valeurs religieuses. Dans son billet, Rick Jelliffe tire le bilan d’une année passée à tenter de limiter sa consommation de biens et de services avant de poser cette question très pertinente :

I don't know if a lack of consumerism will be a virtue in these molten-down times (making a virtue out the necessity of belt-tightening and small footprinting) or a flaw (since we need to spend to stimulate our economies.)

Pour répondre à sa question, il est évident que pour faire redémarrer l’économie, il faut redonner confiance aux citoyens et aux entreprises pour les inciter à consommer à nouveau. Les plans d’aide et diverses mesures de relance mis en place par les gouvernements sont l’occasion sont là pour répondre à cet objectif, mais il devraient idéalement servir à redéployer l’économie vers des secteurs économiques et un mode de consommation plus durables,[1] faute de quoi la crise n’aura véritablement servi à rien.

En réalité, j’aurais pu intituler ce billet en ces termes un peu provocants : « Des vertus potentielles de la crise. » Il ne s’agit donc pas tant de consommer moins, que de consommer différemment. Plutôt que de s’échiner à concevoir des voitures électriques dont tant les batteries que le mode de production sont très polluants, il serait plus avisé de changer le mode d’urbanisation pour limiter les déplacements. Travailler depuis chez soi quand c’est possible ou, de façon plus réaliste, vivre près de son lieu de travail. Tant qu’à faire, arrêtons également la sponsorisation à outrance des compagnies low-cost qui parviennent même de ce fait à concurrencer le train sur certaines destinations. Plus généralement, il faut encourager toute initiative qui tend à intégrer le coût environnemental dans le prix des objets que nous consommons, de manière à ce que la solution la moins nocive pour l’environnement soit toujours la moins chère.

Ce n’est pas de changement dont nous avons besoin, mais d’une véritable révolution copernicienne : le coût environnemental devrait être au cœur de tout acte d’achat. Bon, il y a encore du pain sur la planche, y compris pour moi. Après-demain peut-être ?


[1] Je songe par exemple aux primes à la casse qui, bien conçues, relancent la production automobile tout en sortant du parc automobile les véhicules les plus polluants.

3 commentaires:

Sammy a dit…

Je pense que nous avons lu le même article sur le blog de Tristan Nitot... Je n'arrête pas d'y penser depuis. Mais je ne suis pas assez courageux ou révolté ou désespéré ou inconscient... pour accepter de changer de mode de vie :-/

Sarpedon a dit…

Merci Twitter. Je commence enfin à percevoir son intérêt: d'autres que moi me font une revue de presse et de blogs quotidienne.

Sûrement plus efficace que n'importe que Digg like.

Ink a dit…

J'avoue, moi aussi, j'ai vraiment du chemin à faire...
D'où la nécessité d'alerter, de pousser à réfléchir. En écrivant un article comme celui-ci.